girard-perregaux

Sa Production Genre Espagne

Constant Othenin-Girard et Marie Perregaux.

De Constant Othenin-Girard à Girard-Perregaux : Alliance matrimoniale et identité de marque

La marque Girard-Perregaux repose sur un embryon technique familial profond et solide : la figure d’Henri Perregaux, maître horloger renommé du Locle. Actif et respecté lors des premiers concours de l’Observatoire Cantonal — où l’institution elle-même adopta des chronomètres de sa fabrication, dotés de compensations inverses complexes pour la métrologie de ses salles d’essai —, Henri Perregaux apporta le fond et le lignage de la haute chronométrie que la génération suivante hériterait.

Photo courtoisie de © https://uhren-muser.de

Le pont définitif est jeté après le mariage célébré en 1854 entre l’horloger Constant Othenin-Girard (1825–1903) et Marie Perregaux (1831–1912), fille d’Henry. En unissant les deux familles, la nouvelle manufacture, qui opte pour le nom Girard-Perregaux, n’incorpore pas seulement le patronyme, mais assume également la séquence et la tradition de l’atelier du Locle.

L’expansion de la firme s’appuya fermement sur la structure familiale en intégrant les frères de Marie : François Perregaux introduisit avec succès la marque sur le marché asiatique, tandis qu’Henri et Jules gérèrent la distribution stratégique sur le continent américain.

Girard Perregaux duo face quantième complet. Vers 1872. Boîte en or jaune 18 K savonnette, guillochée et gravée, N° 65467-16716. Les cadrans en or grippé ont été conçus pour le marché latino-américain, chiffres romains. Échappement à ancre, spiral Breguet. Cadran victorien de genre Espagnol sur fond d'argent avec microreliefs dorés et point estampillé pour les divisions des minutes. Aiguilles fantaisies. Le fond est finement ciselé au burin, y compris dans les espaces interhoraires. Un cadran additionnel avec quantième, lune, jours, mois, date. Photo courtoisie de © https://www.cliniquehorlogere.ch.

La Spécialité des Montres à Double Cadran (Double-Face)

Dans la production de la manufacture au cours du dernier tiers du XIXe siècle, une variante de haute complexité technique et de somptuosité se distingue : les montres de poche à double face, ou double-face, avec des cadrans richement ouvragés. Ces pièces, généralement montées dans des savonettes précieuses à trois couvercles en or 18 carats, finement ciselées et gravées de motifs floraux et de guillochis, organisent l’information horaire sur deux cadrans : le cadran principal indique l’heure ; le cadran arrière abrite un mécanisme de complication supplémentaire sur un cadran ajouté, dédié au calendrier complet, avec les indications de date, jour de la semaine, mois et phases de la lune, explicitement libellées en espagnol (comme ENE, FEB, MAR ou DOM, LUN, MAR), ne laissant aucun doute sur leur marché de destination.

Cette typologie de grand luxe combinait la richesse ornementale extérieure avec la haute précision des calibres équipés de balanciers compensés, de spiraux Breguet ou sphériques, et d’échappements à ancre ou à détente, représentant le standard ultime de prestige de la manufacture.

Montre de poche Girard-Perregaux nº 62220. Vers 1871. Une très belle montre de poche décorative double-face pour homme. Boîte : or 18K, lunettes guillochées, carrure guillochée, à goutte. Cadran : Côté face - argenté, gravé de motifs floraux, ornements floraux en or appliqués, index romains radiaux incrustés, petite seconde, aiguilles poire en acier bleui. Côté pile - argenté, ornements floraux en or appliqués, bague extérieure pour l'indication de la date, cadrans subsidiaires pour l'indication du jour et du mois, guichet pour les phases de la lune avec disque des phases de la lune émaillé bleu cobalt avec lune et étoiles en or incrustées, aiguilles en acier bleui. Mouvement : à ponts, rhodié, décoration « fausses côtes », signé, balancier compensé à vis en or, échappement à ancre contrebalancé. Photo courtoisie de © Auktionen Dr. Crott

Le Développement du Calibre à Trois Ponts Parallèles et la Certification Chronométrique

Il est caractéristique de la firme d’avoir reconfiguré l’architecture des mouvements en unifiant la fonction de support avec une géométrie linéaire et symétrique de ses calibres. Conçu vers 1860, ce calibre dispose le rouage dans un axe vertical strict qui relie le barillet — situé en partie supérieure — à l’organe régulateur — placé dans la section inférieure. Les composants sont fixés au moyen de trois ponts parallèles indépendants, au profil hexagonal allongé ou en forme de flèche.

Sur le plan régulateur, la cage du tourbillon a abandonné la structure conventionnelle à trois bras pour adopter un design à deux cornes latérales opposées. La production de ces mécanismes a nécessité la collaboration de régleurs spécialisés ; les archives historiques mentionnent, vers 1875, des exemplaires équipés d’organes régulateurs exécutés par l’artisan Ernest Guinand.

La performance et la précision de ces calibres ont été évaluées de manière systématique lors des concours de régulation de l’Observatoire de Neuchâtel dès le milieu des années 1860. Ainsi, en 1867, un exemplaire de la firme a obtenu le prix de première classe. 

En 1883, lors de l’Exposition Nationale de Zurich, la firme a exposé trois vitrines mettant en avant la simplicité structurelle de ses calibres et l’inclusion d’échappements à tourbillon, qualifiés de tour de force de la mécanique régionale. Lors de ce concours, douze bulletins de marche officiels émis par l’Observatoire de Neuchâtel ont été présentés, attestant des variations quotidiennes extrêmes à partir de 0,13 seconde, avec une moyenne générale de 0,377 seconde pour l’ensemble, incluant un tourbillon de 14 lignes.

La trajectoire de la firme dans les certamens comprend la première médaille à l’Exposition de La Chaux-de-Fonds (1881), la médaille de bronze à Paris (1867), le Prix du Concours de Neuchâtel (1886) et la médaille d’or à Paris (1889) pour le célèbre modèle “La Esmeralda”.

En décembre 1883, Girard-Perregaux a déposé un brevet aux États-Unis, détaillant le schéma technique et la disposition géométrique des trois ponts en forme de flèche, garantissant ainsi leur protection légale. Ce brevet, accordé sous le numéro D-14919, a compté Ariste Guinand et Jules Perret parmi ses témoins.

Soucieuse de couvrir différents segments du marché, Girard-Perregaux a développé une série de marques de fabrique telles que El Águila de Oro, Comet, Anchor, Empress, Sport, Stella, Dolphin, Cosmos, Fleurette ou Monte-Cristo, qui, sans sacrifier son essence horlogère, se sont orientées vers un public plus large.

À gauche: Girard-Perregaux, Chaux de Fonds, Mouvement N° 47308, Boîte N° 47308, 53 mm, 137 g, vers 1868 Une montre de poche de précision à savonnette, remarquable et décorative. Boîte : or 18K, guillochée, carrure cannelée, cuvette en or gravée et guillochée, signée « Cronometro, Exposition Universelle, Paris 1867 » und « Girard Perregaux, Chaux de Fonds », système de remontage et de mise à l’heure direct, composé de deux pièces circulaires aux anneaux articulés qui se relèvent pour l’usage et se rabattent à plat, poinçon de fabricant de boîte « PMAF », intérieurs des couvercles richement guillochés. Cadran : argenté, ornements floraux en or appliqués, ciselé, heures romaines radiales, petite seconde, aiguilles Fleur-de-Lys en acier bleui. Mouvement : à ponts, rhodié, décoré de côtes, spiral sphérique bleui sans raquette (freesprung), balancier chronomètre avec 4 vis et 2 masselottes en or de forme elliptique, ancre contre-balancée, contre-pivot en diamant sur chaton pour le balancier, l’ancre et la roue d’échappement.

À droite: Montre poche Girard-Perregaux n° 40114, 54 mm, 145 g, vers 1867. Échappement à détente pivotée. Boîte : or 18K., poinçon de fabricant de boîte « FN ». Cadran argenté, gravé de motifs floraux, heures romaines radiales, petite seconde, aiguilles tulipe en acier bleui. Mouvement : platine 3/4, remontage à clé, nickelé, décoré, fusée et chaîne, chatons en or vissés, balancier chronomètre bimétallique avec 2 vis et 2 masselottes, spiral sphérique bleui, contre-pivot en diamant pour le balancier.

La Reconnaissance Internationale, l’Absorption de 1906 et l’Époque Contemporaine

Le parcours impeccable accumulé et sa renommée institutionnelle bien établie ont permis à la direction de la manufacture d’atteindre les plus hautes sphères de représentation internationale. Lors de l’Exposition Universelle de Paris en 1900, la firme a participé hors concours, avec Constant Girard-Gallet, fils des fondateurs Constant Othenin-Girard et Marie Perregaux, intégré en tant que membre du jury international, après avoir exercé des fonctions similaires sur désignation du Conseil Fédéral Suisse à l’Exposition d’Amsterdam, ainsi que le rôle de Président du Jury à l’Exposition de Liège en 1905.

En 1906, Girard-Perregaux et Cie, alors dirigée par Constant Girard-Gallet, a acquis et absorbé la prestigieuse ancienne maison genevoise J.F. Bautte et Cie, qui avait été reprise par J. Rossel Fils, alors entre les mains de son ami et parent Juan Hecht.

La sensibilité pour la précision chronométrique et l’architecture linéaire de ses mouvements a distingué la manufacture jusqu’à nos jours.

Montre de poche savonnette n° 62204, abritant le calibre Girard-Perregaux, vers 1872. Son mouvement d'exception de 20 lignes en maillechort (nickel) incarne le summum de l’art horloger neuchâtelois de la fin du XIXe siècle, magnifié par la célèbre architecture de la manufacture à trois ponts rectilignes parallèles aux extrémités fléchées, dont le pont central arbore la signature Girard Perregaux / Chaux-de-Fonds finement gravée en cursives. Ses surfaces se distinguent par une somptueuse décoration damassée à motifs géométriques en quadrillage, rehaussée par des biseaux méticuleusement anglés et polis à la main. Le train d'engrenages est doté d'un prestigieux rouage en or, pivotant sur 20 rubis de haute qualité montés sous chatons en or vissés par de minuscules vis polies, tandis que le rochet et la roue de couronne de remontage sont chacun fixés par trois vis polies. L'organe réglant, suspendu sous un pont de balancier dont le coqueret est centré par une pierre d'extrémité en diamant faisant office de contre-pivot, se compose d'un échappement à ancre en ligne droite calibrée. Il est associé à un balancier bimétallique à deux bras compensés, équipé de vis de réglage en or et de deux masselottes ogivales coulissantes en or pour le réglage précis de la température, régulant les oscillations d'un rarissime et spectaculaire spiral sphérique en acier bleui à ressort libre, avec un double système de remontage et de mise à l’heure s'effectuant, au choix, soit au moyen d'une clé, soit par la couronne au pendant (cette dernière avec mise à l'heure par extraction d'un levier latéral). Côté face, son cadran d'époque victorienne, caractéristique du prestigieux « genre Espagne », est réalisé sur un fond d'argent massif et se distingue par la richesse de ses microreliefs dorés. Le centre de la composition est occupé par un somptueux cartouche floral en or appliqué, composé de petites formes estampées qui se détachent sur un fond délicat finement gravé au burin, le tout surmonté par la signature de la manufacture GIRARD PERREGAUX CHAUX-DE-FONDS peinte en noir en arc de cercle. Le tour d'heures présente une couronne circulaire finement guillochée de cercles concentriques à chiffres romains noirs, offrant un contraste saisissant avec la densité ornementale du motif central et de la guirlande périphérique en or appliqué et estampé qui borde l'ensemble, tandis que la minuterie extérieure est signalée par des points estampés dans la masse. À 6 heures, le cadran de la petite seconde est décoré d'un motif azuré en cercles concentriques parcouru par sa petite trotteuse. Le temps est mesuré par de remarquables aiguilles de style « Fantaisie » en acier bleui, s'intégrant harmonieusement dans ce boîtier de type savonnette dont le pendant de remontage et de mise à l'heure est situé à 3 heures. Photo courtoisie et © https://www.antiquorum.swiss/

Liste de quelques chronomètres de poche Girard-Perregaux présentés au concours de l’Observatoire cantonal de Neuchâtel au XIXe siècle, qui permettent de retracer leur production et leur chronologie grâce à leurs numéros de série. Ces records, réglementations et caractéristiques techniques offrent un aperçu détaillé de l’évolution de l’horlogerie de précision de l’époque.

Anne N° de série Description technique
     
1865 35121 Tourbillon-bascule-Breguet. Variation 0,32″. 4e Observatoire Cantonal
1870 50000 Estimation
1872 57548 Bascule-Tourbillon-Sphérique-Clé. Variation 0,50″. 57e.
1872 57550 Bascule-Sphérique-Clé. Variation 0,56″. 74e.
1872 59932 Bascule-Tourbillon-Plat-Remontoir. Variation -0,35″. 60e. Quantième, perpétuel et phases de lune.
1873 70000 Estimation
1875 74684 Ancre-Sphérique. Réglé par Jacot. 17e
1875 74686 Bascule-Sphérique. 16e
1876 76579 Premier prix.
1875 80643 Tourbillon à ressort. Spiral plat Phillips. Remontoir. 0,17″. 5e Prix
1876 80647 Tourbillon à bascule. Spiral Breguet. Remontoir. 0,17″. 8e Prix
1876 80648 Troisième prix. Tourbillon à bascule. Spiral plat Phillips.
1876 80957 Chronomètre à tourbillon. Premier prix. E. Guinand
1876 81022 Bascule. Cylindre. 19e. Réglé par Jacot
1878 87321 Tourbillon à bascule. Spiral plat Phillips. 8e Prix. Réglé par Jacot
1879 87312 Ancre-Spiral plat à deux courbes Phillips. 3e prix. 110 fr.
1882 85446 Ancre-Cylindre à deux courbes Phillips. 27e. J. Jacot
1882 100948 Ancre-Plat Phillips. Avec chronographe
1883 87319 Ancre-Spiral Phillips à deux courbes. 7e prix. Réglé Paul Perret
1883 105304 Ancre-Plat Phillips. J. Jacot
1885 87316 Ancre-Spiral Phillips. 6e prix. Réglé Paul Perret
1885 79993 Bascule-cylindre. 8e. Réglé Borgstedt
1885 111543 Ancre-Plat Phillips. Réglé Borgstedt
1885 119404 Ancre-Plat Phillips. 20e. Réglé Borgstedt
1888 119407 Ancre-Plat Phillips. 36e. Réglé Borgstedt
1885 119408 Ancre-Plat Phillips. 1er prix. Réglé Borgstedt
1886 109964 Prix Concours Neuchâtel 1886
1888 119411 Ancre-Plat Phillips. 9e. Réglé Borgstedt
1888 119415 Ancre-Plat Phillips. 1er prix. 120 fr. Réglé Borgstedt
1888 163319 Bascule-Cylindre. À fusée
1888 165841 Ancre-Breguet. Triple quantième, phases de lune, répétition à minutes et chronographe.
1889 168230 Échappement à tourbillon. Spiral plat Phillips. 2e prix.
1890 140891 Ancre-Spiral plat à deux courbes Phillips. 29e. Réglé Wehrli
1890 140893 Ancre-Spiral plat à deux courbes Phillips. 20e. Réglé Wehrli
1890 168418 Tourbillon-Plat Phillips. 64e. Réglé Borgstedt
1890 187648 Ancre-Breguet. Réglé Z. Plantillon. Répétition à minutes, quantième et chronographe
1891 189117 Tourbillon-Plat Phillips. 6e. Réglé Wehrli
1891 189119 Tourbillon-Plat Phillips. 1er prix. Réglé Borgstedt. Présenté à nouveau au concours en 1900, réglé Wehrli.
1891 197183 Ancre-Breguet. 12e. Réglé Wehrli
1892 189120 Tourbillon-Spiral plat à deux courbes Phillips. 2e.
1892 197186 Ancre-Spiral plat à deux courbes Phillips. 9e. Réglé Borgstedt
1892 197187 Ancre-Spiral plat à deux courbes Phillips. 15e. Réglé Borgstedt
1892 213053 Ancre-Spiral plat à deux courbes Phillips. 20e. Réglé Borgstedt
1892 213875 Bascule-Spiral plat à deux courbes Phillips. 11e. Réglé Borgstedt
1897 257864 Ancre-Spiral plat Phillips. 51e. Réglé Wehrli
1897 267622 Ancre-Spiral cylindrique à deux courbes Phillips. 1er prix. Réglé Wehrli
1899 235996 Fabriqué pour Paul Sandoz et Cie. Ancre-Spiral plat à deux courbes Phillips.
1899 273164 Ancre-Spiral plat Phillips. Réglé Wehrli
1899 273165 Ancre-Spiral plat Phillips. Réglé Wehrli
1899 274749 Ancre-Spiral plat Phillips. Réglé Wehrli
1900 274750 Ancre-Spiral plat Phillips. Réglé Wehrli
1900 276832 Ancre-Spiral plat Phillips. Réglé Wehrli
1900 278829 Ancre-Spiral plat Phillips. Réglé Wehrli
1900 278830 Ancre-Spiral plat Phillips. Réglé Wehrli
Savonnette montre de poche d’or 18 k. Girard-Perregaux nº 85163, vers 1880. Triple quantième et phases de lune. Le système de remontage s'effectue par remontoir au pendant et la mise à l'heure s'effectue par couronne plus extraction de la tirette à 4 heures. Le train d'engrenages pivote sur rubis à pierres simples percées et contre-pivot en les axes du balancier et de la roue d'échappement tous sécurisés par chatons. L'échappement à détente de type Earnshaw. L'organe réglant est associé à un balancier compensateur bimétallique coupé à vis de réglage et de compensation, régulant les oscillations d'un spiral cylindrique en acier bleui à ressort libre ajusté par un système de réglage par raquette. Cadran argenté typique du « genre Espagne ». Présence du poinçon « FEDC » au verso du cadran, identifié sur d'autres pièces de cette typologie. Le centre de la composition est occupé par de petites formes dorées de couleurs et textures variées, estampées en microrelief, composant un motif floral qui se détache sur un fond d’argent finement gravé au pointillé au burin. La couronne circulaire des heures présente des chiffres romains peints à la main au noir de fumée. Les espaces inter-horaires, situés entre les chiffres, sont également agrémentés de motifs dorés en microrelief. La périphérie est bordée par une rangée de perles concaves régulières marquant la minuterie. Le cadran auxiliaire du quantième, avec ses indications de jours et de mois peintes à la main en espagnol, présente, tout comme le disque des phases de lune, des estampages dorés. Des aiguilles de style « plume » en acier bleui parachèvent cette pièce. Photo courtoisie de © https://www.cliniquehorlogere.ch.

ALBERT JUILLARD-MOREL

Sa Production Genre Espagne

Albert Juillard-Morel (1828–1909)

La Saga Cortébert : Tradition et Innovation Familiale

La Maison Cortébert occupe une place unique dans l’histoire horlogère, marquée par sa longévité et sa continuité familiale ininterrompue au sein de la dynastie Juillard, depuis la fin du XVIIIe siècle. Tout commence avec Adam-Louis Juillard, fondateur de cette lignée, qui ouvre en 1790 à Sonvilier, bourgade du vallon de Saint-Imier, un modeste comptoir d’horlogerie. Ce village, situé à une dizaine de kilomètres de La Chaux-de-Fonds, fut l’un des premiers foyers de la fabrication horlogère dans le Jura neuchâtelois.

Un document d’archives mentionne Adam-Louis Juillard dès 1784, année où il épouse la fille du notaire Jean-Henri Juillard. Horloger complet, il travaille lui-même à l’établi, emploie du personnel à domicile et dans son comptoir, et vend ses montres, effectuant même le long voyage jusqu’à Paris en diligence. Les archives conservent une de ses créations, datée de 1804 : une montre à mouvement à roue de rencontre, logée dans une boîte en argent massif.

L’Expansion et l’Innovation

En 1830, Lucien Juillard, fils d’Adam-Louis, reprend l’entreprise et la transfère à Saint-Imier, alors capitale industrielle du Vallon. Il en devient le maire pendant plusieurs années. En 1848, lors de l’Exposition industrielle suisse à Berne, il présente six pièces, dont une savonnette en or, qui obtiennent une mention favorable du jury.

En 1850, son fils, Albert Juillard-Morel (1828–1909), prend les rênes de l’entreprise avec son frère Édouard (1829–1878). Ensemble, ils héritent du comptoir familial basé à Saint-Imier. Au début des années 1860, ils achètent des locaux d’une ancienne filature à Marin, près de Neuchâtel, pour y fabriquer mécaniquement des montres à remontoir. Albert n’y reste cependant pas longtemps et laisse l’affaire à Édouard.

En 1864, Albert s’associe avec plusieurs fabricants horlogers de la région, dont Pierre-Henri Raiguel-Chopard (1809–1898), pour créer une fabrique d’ébauches sous la raison sociale « Raiguel Juillard & Cie », plus connue sous le nom de Cortébert Watch Co. La même année, il fonde à Cortébert une manufacture d’ébauches, profitant des conditions favorables et de la force hydraulique de la Suze. En 1865, il inaugure une infrastructure de pointe, transformant l’établissage traditionnel en une manufacture industrielle, prenant une avance décisive de plus de dix ans sur le secteur. Ce bâtiment devient le symbole du progrès pour le village.

Montre de poche Juillard-Morel équipée d’un cadran argenté d’époque victorienne « genre Espagne ». Le centre de la composition est occupé par de petites formes dorées de couleurs et textures variées, estampées en microrelief, composant un motif floral qui se détache sur un fond d’argent finement gravé au pointillé au burin. La couronne circulaire des heures présente des chiffres romains peints à la main au noir de fumée. Les espaces inter-horaires, situés entre les chiffres, sont entièrement gravés au burin de rinceaux et volutes. La périphérie est bordée par une guirlande florale de formes dorées, de couleurs et textures variées, composées en microrelief, s’harmonisant avec le motif central. Enfin, le cadran présente un réseau de stries radiales estampées sur sa bordure périphérique, ainsi que des perles concaves régulières marquant les minutes. Les aiguilles, de style « poire Stuart » en acier noirci, achèvent cette pièce d’exception, alliant élégance et précision technique. Le mouvement de calibre 19 lignes est à trois ponts séparés, avec un pont de rochet pour la stabilité de l’axe du ressort-moteur. Le système de remontage s’effectue par remontoir au pendant, et la mise à l’heure s’effectue par tragette sous la lunette à 4 heures. Le train d’engrenages et la roue d’échappement pivotent sur des pierres percées serties dans des chatons. L’axe du balancier est doté de pierres contre-pivot. L’échappement est de type à ancre en ligne droite à levées visibles, avec des palettes en rubis contrebalancées, dites « à moustache ». L’organe réglant est associé à un balancier compensateur bimétallique coupé, compensant les variations de température, équipé de vis de réglage pour ajuster la marche et les positions. Il régule les oscillations d’un spiral Breguet, ajusté par un système de réglage par raquette.

Sous la direction d’Albert, Cortébert connaît une intégration verticale majeure : il unifie la production des calibres pour garantir indépendance et qualité. Après 75 ans d’existence comme établissage, la maison Juillard devient une manufacture grâce à cette intégration, marquant une avancée significative dans l’évolution horlogère.

En 1887, des désaccords avec ses associés poussent Albert à sauver l’affaire in extremis en la reprenant avec ses fils Henri (1853–1911) et Émile (1864–1907), sous la raison sociale « Juillard Frères ». Dès lors, la Cortébert Watch Co perpétue une renommée devenue internationale. Par ailleurs, Albert, attiré par les questions d’instruction publique, devient président des écoles du Vallon de Saint-Imier.

L’Héritage d’Albert Juillard-Morel

Albert Juillard-Morel est également lié à la création des premières sociétés Longines : Raiguel Jeune & Cie (1833–1838), puis Agassiz & Cie (1838–1846), et enfin Auguste Agassiz (1846–1850), aux côtés de Florian Morel et Pierre-Henri Raiguel-Chopard.

En 1887, ses fils Henri et Émile reprennent l’entreprise, qui devient l’un des fleurons de l’horlogerie jurassienne. En 1940, Cortébert célèbre ses 75 ans en tant que manufacture. Les successeurs de la cinquième génération — Ernest, Émile, Charles, Albert et Henri — perpétuent cet héritage.

La Production sous la Marque Juillard Morel

L’héritage d’Albert Juillard-Morel est indissociable de la maison Cortébert, mais certaines pièces portent également la signature Juillard Morel. Dans les années 1950, la production est signée Juillard Frères Morel, témoignant de la collaboration étroite avec sa famille politique et son frère Édouard. Plus tard, le marquage Juillard Morel identifie la production réalisée par Albert, dans le respect de la tradition familiale. La montre « genre espagnol » présentée ici en est un exemple concret.

De l’Apogée à la Mutation Industrielle

Après la disparition d’Albert, ses héritiers continuent d’étendre le prestige de la maison. Au XXe siècle, Cortébert doit s’adapter aux bouleversements industriels :

  • En 1927, elle est intégrée à Ébauches S.A.
  • En 1962, elle est acquise par le groupe SSIH-Omega.

Malgré son excellence dans les chronomètres de précision et les montres de chemin de fer, la crise du quartz des années 1970 met fin à la production sous la marque Cortébert. Les sites ferment définitivement en 1984.

Cette réussite historique repose sur une solidarité exemplaire : la technique exige une collaboration étroite et une confiance réciproque entre dirigeants et personnel, une entente qui ne s’est pas démentie pendant un siècle et demi. C’est ce viatique d’honnêteté et de conscience, incorporé à chaque montre Cortébert, qui en a fait la réputation universelle.

Posséder une pièce de cette manufacture aujourd’hui, c’est préserver le témoignage d’une lignée qui, pendant près de deux siècles, a su allier maîtrise technique, clairvoyance industrielle et dévouement à « l’œuvre commune ».

Louis-Philippe Robert-Maret

Sa Production Genre Espagne

De l’établissement horloger neuchâtelois aux pionniers de la pendule électrique secondaire.

Louis-Philippe Robert-Maret, né Robert-Charrue, naît le 15 mai 1843 aux Ponts-de-Martel (Neuchâtel). Issu d’une famille d’établisseurs menée par son père, Philippe Henri (1795–1864), et allié par sa mère à la famille Breguet, il grandit immergé dans le tissu industriel des montagnes neuchâteloises.

Après la mort de son père en 1864, il assume un rôle actif dans l’industrie et figure durablement dans les registres comme fabricant d’horlogerie. En 1869 et 1871, il est recensé aux Ponts-de-Martel tout en étendant son rayon d’action à La Chaux-de-Fonds, documenté en 1871 au 4 de la Rue de la Demoiselle dans la production d’ébauches et de montres de poche.

Elisabeth Marie Robert-Maret. Vers 1880.

Le 21 octobre 1874, son union avec Elisabeth Marie Maret — fille du négociant et fabricant d’horlogerie Edouard François Maret — scelle bien plus qu’une alliance conjugale : en franchissant le seuil de l’atelier de son beau-père, sis au numéro 5 de la rue de l’Industrie à Neuchâtel, il y transfère son art et sa vie. Ce déplacement physique et professionnel vers le foyer paternel marque le véritable ancrage de sa destinée neuchâteloise. Ce tournant vital le conduit à adopter la marque et nom commercial de Robert-Maret. Installé fermement au à Neuchâtel, son est associe la haute horlogerie à des initiatives commerciales singulières, telles que la vente directe de vins de Málaga annoncée fin 1879. Sur le plan personnel, la famille s’intègre pleinement dans la bourgeoisie neuchâteloise.

Montre de poche savonnette Robert-Maret. Vers 1890. Boîtier en or 18 carats sur un fond finement texturé, des volutes symétriques et des rinceaux s'enroulent vers le haut, intégrant des éléments végétaux stylisés et des grappes de petites sphères. Au centre, un cartouche ovale principal est suspendu par une structure ornementale en forme de boucles et de volutes en "C". Ce médaillon central présente un champ finement guilloché de lignes diagonales et, en son cœur, un monogramme gravé à la main. Cadran principal argenté « genre Espagne ». Le centre de la composition est occupé par de petits motifs dorés aux teintes et textures variées, imprimés en microrelief, formant une décoration florale mise en valeur sur un fond en argent finement gravé et pointillé au burin. Le cercle des heures est composé de chiffres romains peints à la main, et parmi eux se trouve un décor floral gravé au burin ; et pour marquer les minutes, de petites ouvertures circulaires en argent ont été disposées en circonférence sous les guirlandes. Les espaces entre les chiffres sont ornés de motifs gravés au burin. La périphérie est ornée d'une guirlande florale aux éléments dorés aux textures variées en microrelief, qui complète le motif central. Le sous-cadran de la petite seconde, aux chiffres peints à la main, est guilloché étoilé, terminé par un pointillé au burin, au centre de l'axe de la trotteuse. Au-dessus de ce sous-cadran figure l'inscription « Robert-Maret. Neuchâtel ». Des aiguilles de style « poire Stuart » en acier bleui parachèvent cette pièce. Le cadran derrière se compose uniquement d'un liseré en émail blanc sur une plaque de métal ornée de l'inscription de l'horloger. Les 31 jours du mois sont affichés en émail noir sur le pourtour, et les jours de la semaine, en espagnol, également en émail noir, sont disposés sur le pourtour intérieur. Deux aiguilles dorées complètent le cadran : une droite indique la date et une plus courte, à l'extrémité en forme de croissant, indique le jour de la semaine. Enfin, le mouvement est visible au centre du cadre arrière. Dépourvu de platine, il est composé d'un calibre rond, avec balancier compensateur bimétallique coupé régulé par un échappement à ancre en ligne droite avec levées visibles et d'une raquette de régulation d'avance-retard.

Le 24 février 1883, les registres réaffirment sa position de chef de la maison L. Ph. Robert. Cette même année, sa maîtrise technique atteint un sommet officiel lors des concours de l’Observatoire de Neuchâtel avec la montre n° 8151 (échappement à bascule et spiral cylindrique à deux courbes, régulé par Kaurup).

Au-delà de son activité de fabricant, Louis-Philippe Robert-Maret s’implique activement dans la vie institutionnelle et la transmission du savoir horloger à Neuchâtel. En 1884, peu avant d’affronter le deuil de son beau-père, Édouard Maret, son autorité professionnelle est officiellement reconnue par sa nomination au sein de la Commission de l’École d’horlogerie. Il y siège aux côtés de figures majeures de la science et de l’industrie régionale, notamment le Dr Adolphe Hirsch, le pionnier de l’horlogerie électrique Mathias Hipp, ainsi que d’éminents acteurs du secteur tels que David Perret, Alfred Perregaux, Paul Humbert, Charles Matthey ou Jules Sandoz. Cette contribution directe à la formation technique et au rayonnement de l’institution illustre pleinement son engagement au cœur de l’élite horlogère neuchâteloise.

Mouvement n° 11218 Robert-Maret, Neuchâtel, vers 1885. Calibre à ponts séparés avec platine décorée de Côtes de Genève. Le système de remontage au pendant et la mise à l'heure s’opèrent par poussette sur la carrure à 4 heures. Il est doté d’un rouage de remontage avec un pont robuste et consistant, fixé par trois vis assurant une transmission parfaite. Les axes sont protégés par des pierres percées, complétées par un contre-pivot pour l’axe du balancier. Échappement à ancre en ligne droite à levées visibles avec rubis en palettes. L'organe réglant est associé à un balancier compensé coupé avec des vis de réglage dorées régulant les oscillations d'un spiral en acier bleui ajusté par un système de réglage par raquette. Cadran argenté typique « genre Espagne ». Le centre de la composition est occupé par de petits motifs dorés aux teintes et textures variées, estampages en microrelief, formant un panier avec décor floral et deux petites fleurs argentées sur un fond en guilloché circulaire. La couronne des heures présente des chiffres romains peints à la main au noir de fumée. Les espaces inter-horaires, situés entre les chiffres, sont gravés au burin pointillé. Perles concaves régulières représentaient la minuterie. La périphérie est bordée par une guirlande florale de formes dorées, de couleurs et de textures variées, composées en microrelief. Le sous-cadran de la petite seconde, à chiffres peints à la main, présente un guillochage en circulé centré sur le pivot de l'aiguille. Les aiguilles poire complètent le cadran. Collection de l’auteur.

Le 27 octobre 1886, la maison octroie un pouvoir formel à son épouse, tout en la consacrant comme unique chef de maison. Les guides de l’époque le lient aux marchés de style espagnol et italien. Le 12 mars 1887, le tribunal civil de Neuchâtel convoque ses créanciers pour homologuer un concordat face aux difficultés financières. La bâche économique surmonté, l’atelier fonctionne à nouveau en 1889 au troisième étage de la rue de l’Industrie, recherchant activement de la main-d’œuvre hautement qualifiée.

En 1891, la marque figure parmi les fabricants d’élite de Neuchâtel et brille à l’Observatoire avec la montre n° 21228 (Échappement à ancre et spiral plain Phillips, régulée par A. Schilt-Bolle). C’est également cette année-là qu’il dépose le brevet n° 3893 pour un « Échappement à longue bascule perfectionné », une innovation combinant la bascule d’un bras de sûreté pour l’arrêt du rouage, et d’un plateau avec cheville demi-cylindrique. En 1892, sa publicité met en valeur une spécialité de mouvements de 19 à 21 lignes (chronomètres, bascules, ancres avec ou sans bulletin), consolidée dans les annuaires de 1893.

Montre de gousset savonnette Robert-Maret en or 18k. Boîtier ciselé de 54 mm de diamètre (numéro 11847). Cadran principal argenté « genre Espagne ». Le centre de la composition est occupé par le disque des phases de lune, au-dessus de ce disque lunaire figure l'inscription « Robert Maret. Neuchâtel », sous lequel il se trouve de petits motifs dorés aux teintes et textures variées, imprimés en microrelief, formant une décoration fleurs et rubans. Le cercle des heures est composé de chiffres romains peints à la main, et parmi eux se trouve un décor floral gravé au burin ; Les espaces inter-horaires, situés entre les chiffres, sont entièrement gravés au burin avec des formes de rouleaux opposés. Des perles concaves régulières représentent la minuterie. La périphérie est ornée d'une guirlande florale aux éléments dorés aux textures variées en microrelief, qui complète le motif central. Le sous-cadran de la petite seconde est guilloché étoilé. Aiguilles « poire Stuart » en acier bleui. Le cadran derrière se compose d'un liseré en émail blanc sur une plaque de métal ornée de l'inscription de l'horloger. Les 31 jours du mois sont affichés en émail noir sur le pourtour, et les jours de la semaine sont disposés sur le pourtour intérieur. Deux aiguilles dorées complètent le cadran : une indique la date et une plus courte, à l'extrémité en forme de croissant, indique le jour de la semaine. Photo courtoisie et © Museo Nacional de Artes Decorativas. Madrid.

Le nom de Louis-Philippe Robert disparaît des répertoires en 1894 et sa radiation officielle est publiée le 10 janvier 1895. Durant ce long silence apparent, son épouse maintient une vive activité au 5 de la rue de l’Industrie : accueil, cours de langues, dépôts textiles et réseaux familiaux transnationaux.
Loin de constituer une inactivité absolue, ce silence documenté dans les circuits traditionnels cache vraisemblablement un laborieux repli de recherche et développement. On peut légitimement supposer que Louis-Philippe s’est consacré à résoudre les défis complexes de la synchronisation électrique et de la miniaturisation des sonneries. Les recherches futures dans les fonds de brevets inédits permettront sans doute de lever le voile définitif sur les laboratoires où s’est ourdie cette transition technique.

Louis-Philippe Robert-Maret réapparaît sur la scène technique en 1903 en commercialisant des systèmes de mouvements appliqués aux pendules électriques secondaires à minutes avec sonnerie (heures et demies), protégés par le Brevet 30281 (et le dispositif moteur associé sous le n° 26707). Ces robustes mécanismes s’adaptaient à tout type de cabinet et étaient signés au nom de L.-Ph. ROBERT-MARET à Neuchâtel.

Montre de poche Robert-Maret abritant un mouvement LeCoultre : son boîtier savonnette en or 18k est orné d'un décor en pavonage sur fond finement strié, tandis que son cadran se distingue par un décor raffiné de genre espagnol.

La patente CH26707A, déposée par Louis-Philippe Robert-Maret et publiée le 15 octobre 1903 sous le titre « Dispositif moteur d’un mécanisme de sonnerie dans une horloge électrique secondaire à minutes », marque un jalon décisif dans l’évolution de l’horlogerie électrique. Ce brevet, complétant son système antérieur, a non seulement consolidé sa réputation comme pionnier des pendules électriques secondaires, mais a aussi inspiré de nombreuses innovations ultérieures. Les citations postérieures, témoignent de l’influence durable de ses travaux sur les mécanismes de sonnerie, les dispositifs moteurs et même les systèmes de fixation et d’ajustement dans l’horlogerie, prouvant ainsi que ses contributions ont posé les bases de développements techniques majeurs dans ce domaine.

Après le décès de sa belle-mère en 1907, les demoiselles Robert-Maret accueillent chez elles dès 1908 de jeunes filles en pension. Le 25 juillet 1916, Louis-Philippe Robert-Maret s’éteint à Neuchâtel à l’âge de 74 ans. L’avis de décès, mentionne ses enfants établis en Angleterre, à Fleurier et à Neuchâtel, scellant l’itinéraire d’un pionnier entre tradition mécanique et modernité électrique.

Circular black-and-white seal featuring the name Ramón Campos, researcher of 19th-century Swiss watchmaking and early fountain pens.