HENRI GRANDJEAN

Sa Production Genre Espagne

Pionnier de la Chronométrie Suisse et son Héritage dans l’Horlogerie de Précision

Henri Grandjean (1803-1879). Horloger.

Introduction : Le contexte d’un visionnaire

Henri Grandjean, né au Locle (Suisse) en 1803, fut une figure clé de la transition de l’horlogerie helvétique vers l’excellence en chronométrie de haute précision. Fils de David-Henri Grandjean —qui fonda son atelier d’origine à La Chaux-de-Fonds en 1792 avant de le transférer au Locle— et membre de la prestigieuse famille Grandjean-Perrenoud-Comtesse, sa vie fut marquée par l’innovation technique, l’entrepreneuriat industriel et un profond engagement politique envers sa région. Son héritage a non seulement défini les standards de la fabrication des chronomètres de marine et des montres de poche, mais il a également jeté les bases de l’industrie horlogère suisse moderne, en collaboration avec des légendes telles qu’Ulysse Nardin et Louis-Jean Richard.

Il fut récompensé par des médailles d’or à l’Exposition universelle de Londres de 1851 et à celle de Paris en 1855, 1878 et 1889. Henri Grandjean fut l’un des chefs de la Révolution de 1848 et l’un des principaux promoteurs de la construction de l’Observatoire cantonal de Neuchâtel.

  1. Les Débuts : Formation et Expansion Globale

1.1. Apprentissage et premiers pas

Henri Grandjean se forma méthodiquement comme horloger dans sa ville natale du Locle, le centre névralgique de la haute horlogerie suisse. L’héritage de su père, David-Henri, lui offrit l’environnement parfait pour maîtriser la manufacture de pièces complexes dès sa jeunesse, orientant ses efforts vers le haut de gamme et las mécanismes de répétition.

Montre de poche Henri Grandjean & Cie. Locle & London n° 23370, vers 1870. Fabriquée pour le marché espagnol et sud-américain. Boîtier savonnette en or jaune 18 carats avec remontoir au pendant, mise à l'heure par levier latéral, serti de diamants taille rose et orné d'une peinture sur émail. Accompagnée de sa boîte ajustée d'Henri Grandjean. Cadran de « genre Espagne » sur fond d'argent avec microreliefs dorés. Le fond en argent est finement ciselé au burin, délimitant les espaces inter-heures qui contrastent avec la composition centrale et la guirlande périphérique dorée en microrelief. Les chiffres romains des heures, peints à la main à l'encre de Chine sur émail blanc, sont bordés d'un tour d'heures aux minutes signalées par des points concaves gravés, le tout parcouru par des aiguilles de style « poire Stuart ». Photo courtoisie et © https://www.antiquorum.swiss/
Montre de poche à répétition des minutes Henri Grandjean & Cie. Locle & London n° 33091, vers 1875. Fabriquée pour le marché hispanophone. Boîtier savonnette en or jaune 18 carats avec remontoir au pendant. Accompagnée de ses accessoires d'origine complets : son coffret ajusté en bois de rose, son certificat d'origine avec son enveloppe, un second cadran en émail blanc signé et numéroté, un verre de rechange et un ressort moteur de rechange. Cadran de « genre Espagne » sur fond d'argent avec microreliefs dorés. Le fond en argent est finement ciselé au burin, délimitant les espaces inter-heures qui contrastent avec la composition centrale et la guirlande périphérique dorée en microrelief. Les chiffres romains des heures, peints à la main à l'encre de Chine sur émail blanc, sont bordés d'un tour d'heures aux minutes signalées par des points concaves gravés, le tout parcouru par des aiguilles de style « poire Stuart ». Photo courtoisie et © https://www.antiquorum.swiss/

1.2. Expansion en Amérique du Sud (1824–1830)

Entre 1824 et 1830, Henri assuma la tâche d’organiser les succursales sud-américaines de l’entreprise de son père, gérant les comptoirs horlogers (points de vente et de distribution) à Río de Janeiro (Brésil) et Lima (Pérou). Cette période lui permit d’explorer des marchés émergents et d’ouvrir des routes commerciales clés avant de retourner en Suisse. En 1830, son frère Henri-Gustave Grandjean émigra définitivement au Pérou pour prendre la direction de ces affaires à Lima, où il se maria et fonda sa famille. L’horlogerie de Lima, située dans l’ancienne rue Espaderos (aujourd’hui Jirón de la Unión, cuadra 5), devint un point stratégique indispensable à la distribution des montres Grandjean sur le continent sud-américain.

  1. La Révolution Technique et Classification de la Production

2.1. Les premiers chronomètres de marine (1830–1850)

À son retour au Locle, Grandjean se consacra à la chronométrie de précision et commença à construire des chronomètres de marine inspirés des modèles anglais réputés. En 1832, il acheva avec son père le Chronomètre N.º 1, vendu à Lima, marquant un jalon dans la navigation au long cours. En société avec Edouard Thévenaz, et aux côtés de Louis-Jean Richard et Ulysse Nardin, Grandjean s’imposa comme l’initiateur et le fondateur de l’industrie suisse du chronomètre de marine.

2.2. Le Catalogue de 1859 et la Normalisation des Calibres

En 1859, la manufacture fit imprimer à Lausanne le Tableau Statistique de tous les genres d’horlogerie de la fabrication de Henri Grandjean. Ce catalogue avait pour but de :

  • Normaliser les dénominations.
  • Éviter les tromperies qui affectaient le crédit de Neuchâtel.
  • Assurer que toute montre civile répondît à une marche fiable.

Grandjean stipula que l’or utilisé serait toujours de 18 carats (750 millièmes) et l’argent de 800 millièmes, portant le poinçon de l’État et celui du fabricant. Sa production (qui compta plus de 60 calibres différents) se divisait en trois classes strictes :

Première Classe : Chronométrie (Haute Précision)

Pièces de précision absolue dotées d’un bulletin de marche officiel délivré par un observatoire gouvernemental, répondant aux exigences des marines de France et d’Angleterre.

  • Chronomètres de marine : Montés dans des boîtes en palissandre (avec double boîte de voyage). Mouvement à 3/4 de platine sur suspenseurs, fusée auxiliaire, barillet à deux ressorts, échappement libre de chronomètre à ressort, 8 rubis aux centres, balancier de compensation bimétallique et spiral sphérique (cylindrique) testé aux températures.
  • Chronomètres de poche : Modèles savonnettes ou à glace en or 18k. Mouvements à 3/4 de platine ou à ponts, fusée auxiliaire, échappement libre à ressort, trous garnis de joyaux avec sertissage à l’anglaise, balancier de compensation et spiral sphérique ou Breguet.
  • Chronomètre à Tourbillon : Variante de poche avec mouvement à ponts, échappement libre à ressort, balancier compensé et spiral Breguet.

Deuxième Classe : Montres de Précision

Montres destinées à une excellente marche pour les observations civiles, avec bulletin signé par le fabricant.

  • À échappement de chronomètre : Modèles savonnettes ou à glace, platine à 3/4, fusée auxiliaire, échappement libre à ressort ou à bascule, balancier compensé et spiral hélicoïdal (en boudin) ou sphérique (variantes à 19 rubis).
  • À ancre avec complications : Mouvement à ponts avec seconde indépendante, ou combinaisons de répétition et seconde indépendante. Échappement à ancre en ligne droite avec contre-pivots, balancier compensé, spiral Breguet et jusqu’à 29 rubis.

Troisième Classe : Montres de Luxe et de Fantaisie

Pièces d’un travail esthétique ou mécanique extraordinaire augmentant leur valeur, dans des boîtes en or 18k, en argent ou en argent fortement doré.

  • Montres à Répétition : Répétition minutes, simple ou avec remontoir au pendant (remontoir à la tige/couronne). Mouvements à ponts, échappements à ancre (plusieurs avec levées/palettes visibles), balanciers compensés et spirals Breguet avec 29 rubis.
  • Échappement Duplex : Mouvements à 3/4 de platine o de type cartel, barillet tournant ou fusée auxiliaire, balancier de type compensé monométallique (non coupé) et de 9 à 17 rubis.
  • À ancre commerciales et de longue marche : Modèles standards avec échappement à ancre, balanciers en or ou compensés non coupés, et 13 rubis. (Un modèle spécifique se distinguait par sa roue d’échappement, sa fourchette et sa raquette fabriquées en argentin ou maillechort). Comprenait des variantes savonnettes disposées pour fonctionner pendant 8 jours consécutifs.
  • Échappement à cylindre : Modèles artistiques avec boîte façon feuille, fonds émaillés ou guillochés, mouvement à ponts, échappement à cylindre, 8 rubis et balancier type Dardaine.
Chronomètre de poche Henri Grandjean « genre Espagne » n° 36557. Son mouvement incarne l’excellence de la construction classique jurassienne et de l’école neuchâteloise de la seconde moitié du XIXe siècle. Il adopte une architecture à ponts indépendants aux surfaces finement satinées et grenées, soulignées par des biseaux méticuleusement anglés et polis à la main. Ce calibre à remontoir au pendant est équipé d'un rouage de transmission en acier poli à denture droite, maintenu par des vis polies miroir. Le train d'engrenages est monté sur des rubis de haute qualité, le pivotement des mobiles principaux étant optimisé par de prestigieux chatons en or vissés, tandis que l'axe du balancier bénéficie de contre-pivots en rubis pour limiter les frottements. L'organe réglant comprend un échappement à ancre associé à un balancier compensateur bimétallique coupé — équipé de vis de réglage et de compensation en or —, à un spiral Breguet en acier bleui et à un régulateur à raquette. Cette raquette comporte un index fin pointant vers un secteur gradué gravé sur le pont de balancier, portant les indications « Adelante » et « Atrás » destinées au marché hispanophone. Pièce de prestige, ce calibre témoigne, par la rigueur de sa construction et le raffinement exceptionnel de ses finitions, de l'âge d'or de la chronométrie suisse d'exportation.
  1. Reconnaissances et Prix Internationaux

Henri Grandjean & Cie accumula un palmarès exceptionnel lors des expositions internationales les plus prestigieuses, défendant la réputation de l’industrie helvétique :

1851 — Grande Exposition de Londres

  • Distinction : Médaille de Première Classe.

  • Commentaire : Reconnaissance décernée pour la haute précision des chronomètres de poche présentés, marquant les débuts de la firme sur la scène internationale.

1855 — Exposition Universelle de Paris

  • Distinction : Médaille de 1ère Classe.

  • Commentaire : Distinction confirmant la supériorité technique et la finesse d’exécution des montres de luxe de la manufacture.

1857 — Exposition de Berne

  • Distinction : Médaille d’or de 1ère Classe.

  • Commentaire : Attribuée spécifiquement pour les performances exceptionnelles des chronomètres de marine, piliers de la réputation de précision de la maison.

1857 — Académie Nationale de France

  • Distinction : Médaille d’honneur.

  • Commentaire : Hommage prestigieux soulignant les avancées techniques et les innovations constantes apportées à l’industrie horlogère.

1867 — Exposition Universelle de Paris

  • Distinction : Médaille d’argent.

  • Commentaire : Saluée pour l’innovation technique et la maîtrise des méthodes de chronométrie d’observation.

1868 — Concours de l’Observatoire de Neuchâtel

  • Distinction : Prix Spécial de la Compagnie.

  • Commentaire : Récompense dédiée à l’excellence des chronomètres de marine lors des épreuves de marche.

1873 — Exposition Universelle de Vienne

  • Distinction : Diplôme d’Honneur (Médaille d’or) et Médaille du Mérite.

  • Commentaire : Reconnaissance globale de l’excellence industrielle et de la qualité exemplaire des calibres produits.

1878 — Exposition Universelle de Paris

  • Distinction : Médaille d’or.

  • Commentaire : Consolidation indiscutable de la position de la firme au sommet de la hiérarchie horlogère européenne.

1889 — Exposition Universelle de Paris

  • Distinction : Médaille d’or.

  • Commentaire : Distinction posthume ratifiant durablement la pérennité et la valeur historique de la production de la firme.

Note historique : À l’Exposition de Philadelphie en 1876, le chronomètre de marine N.º 94 de la firme obtint le meilleur résultat absolu parmi tous les exposants suisses évalués.

  1. Engagement Politique, Contributions Scientifiques et Impulsion de l’Observatoire

4.1. Fondateur de l’Observatoire de Neuchâtel (1858)

Comprenant la nécessité absolue d’un contrôle scientifique pour l’horlogerie de précision, Grandjean fut le principal artisan de la création de l’Observatoire Cantonal de Neuchâtel. En mars 1858, le gouvernement nomma une commission après avoir consulté l’astronome Adolphe Hirsch (élève d’Encke) ; l’institution fut inaugurée la même année pour réguler et transmettre l’heure exacte aux ateliers du Jura par signaux télégraphiques.

À partir de 1842, Henri Grandjean concilia son travail de manufacture avec una prolifique carrière politique au caractère nettement républicain.

  • Fonctions publiques : Prefet du Locle, député au Grand Conseil de Neuchâtel (1848–1889) et Conseiller National (1858–1861 et 1867–1870).
  • La Contre-Révolution de 1856 : Lors de la contre-révolution royaliste de septembre 1856, les insurgés prirent d’assaut son domicile avec violence. Grâce au courage de son épouse, Élise Montandon, qui résista aux menaces de la colonne armée, Grandjean parvint à échapper à sa capture en sautant par une fenêtre sur le toit d’un hangar adjacent, pour se réfugier dans les champs des Monts du Locle. De là, agissant comme vice-président du Grand Conseil, il rédigea les proclamations de résistance et assuma la présidence du Comité de Salut Public local pour défendre la République.
  • Vision de progrès : Il promut la création du Quartier-Neuf (ou quartier du Progrès) à La Chaux-de-Fonds en 1855, conçu pour éliminer la spéculation immobilière et fournir des logements dignes et économiques aux familles ouvrières de l’horlogerie. Il fut également le principal défenseur de l’implantation de la ligne ferroviaire du Jura industriel.
Mouvement et cadran de montre de poche Henri Grandjean & Co. (Le Locle), vers 1880, doté d'un double système de remontage — par clé ou par la couronne — et de mise à l'heure — par clé ou par la couronne en tirant sur le levier latéral —, adopte un calibre à ponts indépendants aux surfaces finement sablées, soulignées par des biseaux anglés et polis à la main. Plus sobre que les exécutions de concours, il témoigne néanmoins d'un grand rigorisme technique avec ses rubis de haute qualité chassés directement dans la masse des ponts. L'organe réglant se compose d'un échappement à ancre ligne droite associé à un balancier compensateur bimétallique coupé à vis de réglage et à un spiral Breguet en acier bleui. Le pont de balancier est surmonté d'un régulateur à raquette dont l'index en acier poli pointe vers un secteur gradué portant les indications « Adelante » et « Atrás » gravées sur le coqueret, caractéristiques des pièces destinées au marché hispanophone. Côté face, le cadran d'époque victorienne de « genre Espagne », réalisé sur fond d'argent massif, présente une remarquable richesse de textures. Le centre de la composition est occupé par un délicat composition florale et tandis que la bordure externe est rehaussée d'une riche guirlande périphérique de formas estamper en cuivre doré en microrelief, se détachant sur un fond d'argent finement gravé de rinceaux au burin, le tout surmonté de la signature rectiligne de la manufacture HRI. GRANDJEAN & Cie / LOCLE peinte en noir. Le tour d'heures à chiffres romains noirs se distingue par des espaces inter-horaires entièrement gravés de volutes et de ramages au burin. À 6 heures, le cadran de la petite seconde à décor azuré est parcouru par sa petite trotteuse en acier bleui, offrant un superbe contraste avec les aiguilles fantaisie en laiton avez pierres. Collection de l'auteur.
Mouvement et cadran de montre de poche Henri Grandjean & Co. (Le Locle), vers 1880, doté d'un double système de remontage — par clé ou par la couronne — et de mise à l'heure — par clé ou par la couronne en tirant sur le levier latéral —, adopte un calibre à ponts indépendants aux surfaces finement sablées, soulignées par des biseaux anglés et polis à la main. Plus sobre que les exécutions de concours, il témoigne néanmoins d'un grand rigorisme technique avec ses rubis de haute qualité chassés directement dans la masse des ponts. L'organe réglant se compose d'un échappement à ancre ligne droite associé à un balancier compensateur bimétallique coupé à vis de réglage et à un spiral Breguet en acier bleui. Le pont de balancier est surmonté d'un régulateur à raquette dont l'index en acier poli pointe vers un secteur gradué portant les indications « Adelante » et « Atrás » gravées sur le coqueret, caractéristiques des pièces destinées au marché hispanophone. Côté face, le cadran d'époque victorienne de « genre Espagne », réalisé sur fond d'argent massif, présente une remarquable richesse de textures. Le centre de la composition est occupé par un délicat composition florale et tandis que la bordure externe est rehaussée d'une riche guirlande périphérique de formas estamper en cuivre doré en microrelief, se détachant sur un fond d'argent finement gravé de rinceaux au burin, le tout surmonté de la signature rectiligne de la manufacture HRI. GRANDJEAN & Cie / LOCLE peinte en noir. Le tour d'heures à chiffres romains noirs se distingue par des espaces inter-horaires entièrement gravés de volutes et de ramages au burin. À 6 heures, le cadran de la petite seconde à décor azuré est parcouru par sa petite trotteuse en acier bleui, offrant un superbe contraste avec les aiguilles fantaisie en laiton avez pierres. Collection de l'auteur.
  1. Succession Chronologique de la Manufacture

Après la mort de Henri Grandjean le 21 mars 1889, la firme poursuivit sa trajectoire à travers une ligne successorale claire qui préserva ses exigences rigoureuses :

[1854] Fondation de Henri Grandjean & Cie (avec son neveu Henri et Auguste Rossel).

[1878] La direction technique et commerciale est confiée à sa nièce, Oline Rossel, née Oline GRANDJEAN-PERRENOUD-COMTESSE, veuve d’Auguste Rossel.

[1892] L’entreprise adopte formellement le nom de Rossel & Fils.

[1908] Succession formelle et transfert des titres à Charles-Ferdinand Perret.

[1912] Réorganisation sous le nom de S.A. de la Fabrique des Montres Henry Grandjean & Cie.

[1926] La firme et ses actifs sont acquis par l’industriel Paul Cattin (fondateur d’Oris).

[1973] Prolongation du nom dans l’industrie via une entreprise familiale de boîtes et gravures.

Épilogue : Un héritage qui perdure dans l’Horlogerie Moderne.

Henri Grandjean ne fut pas seulement un pionnier de la chronométrie suisse, mais un visionnaire qui démontra que la Suisse pouvait rivaliser avec les maîtres anglais de l’époque et les surpasser[cite: 1]. Son obsession pour la précision, l’innovation technique et une qualité sans compromis a jeté les bases pour que, de nos jours, des maisons comme Patek Philippe, Breguet ou Ulysse Nardin demeurent des références mondiales de la haute horlogerie.

Son héritage ne se limite pas aux chronomètres de marine ou aux montres de poche de précision ; il perdure dans chaque tourbillon, chaque spiral Phillips et chaque échappement à ancre en ligne droite qui équipent aujourd’hui les pièces les plus exclusives du monde. Henri Grandjean n’a pas fait revivre l’horlogerie suisse : il l’a portée à son apogée et l’a projetée vers l’avenir.

Lors de son décès en 1889, le directeur de l’Observatoire de Neuchâtel, le Dr Adolphe Hirsch, résuma le sentiment de l’industrie par ces mots qui dimensionnent sa stature historique :

« Le pays perd en lui un de ses meilleurs citoyens ; l’Observatoire perd en lui un protecteur qui a eu l’initiative de sa fondation et qui n’a jamais cessé de lui témoigner le plus grand intérêt ».

PAUL JEANNOT & VICTOR JEANNOT

Sa Production Genre Espagne

Paul Jeannot, fils de l’horloger Jules-Ali Jeannot, républicain fervent qui s’illustra en sonnant le tocsin aux Brenets lors de l’insurrection de 1856 et député ayant voté l’Adresse de soutien au Conseil fédéral, et de son épouse Adèle Elise Debrot, naquit à Les Brenets (Neuchâtel). Vers le milieu des années 1850, il avait établi la représentation de la maison paternelle à Barcelone. Dès les années 1860, il résidait dans sa propre maison-tour de la rue San Joaquín, dans le quartier du Poble-Sec, située au pied de la montagne de Montjuïc. Des documents attestent qu’en 1868 déjà — en tant que successeur de M. le Baron de La Châtre —, Jeannot dirigeait une bijouterie-horlogerie à son nom dans la ville comtale, située plaza National n° 1, à proximité de la Rambla.

Origines familiales et industrielles (1843–1875)

Le succès de l’entreprise reposait sur des fondations familiales solides, posées par son père, Ali Jeannot, figure respectée du Locle et des Brenets. Républicain engagé, ce dernier prit une part active à la Révolution de 1848 et représenta sa commune au Grand Conseil. Sur le plan industriel, Ali s’était associé dès 1843 à Victor Henriet sous la raison sociale Ali Jeannot et Henriet, fabricants d’horlogerie au 167, Grande rue au Locle, et avait ouvert cette même année une filiale à Marseille. Plus tard, le 30 juin 1854, la dissolution et la liquidation de la société Jeannot et Henriet furent annoncées d’un commun accord. Les associés poursuivirent leurs activités séparément ; il fut également annoncé qu’Ali Jeannot s’était associé avec son fils Victor, auquel il avait accordé des procurations. Le siège de cette nouvelle maison fut établi aux Brenets et opéra sous la raison sociale Jeannot et fils.

Requête d'urbanisme signée par Paul Jeannot, Barcelone (Sant Gervasi de Cassoles), décembre 1866. L'horloger suisse, mentionné comme « résident de Barcelone », sollicite l'autorisation de démolir et reconstruire des propriétés lui appartenant dans le quartier d'El Putxet (rue San Joaquín). Cette pièce d'archive confirme son implantation physique et ses investissements immobiliers en Catalogne à cette date, documentant de façon inédite les bases de son réseau commercial en Espagne.
Montre de poche savonnette Paul Jeannot, Genève, n° 5653, vers 1874. Destinée au marché hispanophone, cette très belle montre de poche de type savonnette en or jaune 18K de calibre 19 lignes est dotée d'un système de remontoir au pendant et d'un mécanisme de mise à l'heure par poussette sur la carrure à 4 heures. Son boîtier de 51 mm de diamètre présente un couvercle et un fond finement gravés de rinceaux et de volutes — le couvercle supérieur étant centré d'un cartouche de style rocaille abritant un élégant monogramme —, et arbore des poinçons d'or cantonaux antérieurs à la loi fédérale suisse de 1880 sur le contrôle et la garantie des métaux précieux. La cuvette en or montée sur charnière est gravée en cursive de la signature « Paul Jeannot / Genève » surmontant le numéro de série. Côté face, le cadran d'époque victorienne, caractéristique du prestigieux « genre Espagne », est réalisé sur un fond d'argent massif et se distingue par la richesse de ses textures. Le centre de la composition est occupé par un magnifique motif floral en or appliqué et estampé en microrelief qui se détache sur un fond délicatement gravé au burin, le tout surmonté par la signature de la manufacture « PAUL JEANNOT GENÈVE » peinte en noir. Le tour d'heures à chiffres romains noirs présente des espaces inter-horaires entièrement gravés de délicates volutes au burin, tandis que la bordure externe est rehaussée d'une riche guirlande périphérique assortie en or appliqué et estampé. À 6 heures, le cadran de la petite seconde est également en retrait, l'ensemble étant balayé par de remarquables aiguilles de style « poire Stuart » en acier bleui. Le mouvement à ponts séparés en laiton doré présente un train d'engrenages empierré sous rubis, l'axe du balancier bénéficiant d'un contre-pivot pour limiter les frottements. L'organe régulateur se compose d'un échappement à ancre en ligne droite entièrement métallique à palettes sans rubis (palettes métalliques), associé à un balancier compensateur bimétallique coupé à vis de réglage et à un spiral Breguet en acier bleui. Ce dernier est ajusté par un remarquable système de réglage par raquette à crémaillère, dont l'index se déplace sur un secteur gradué gravé sur le coqueret du pont de balancier. Boîtier, cuvette et cadran signés. Photo courtoisie et © https://www.bonhams.com

Au-delà de sa renommée internationale et de son succès commercial dans la péninsule Ibérique, Paul Jeannot était profondément ancré dans la vie sociale et économique de sa région. Son implication active dans la Commission du chemin de fer des Brenets en 1888 témoigne d’un engagement ferme envers le progrès de sa communauté. Pour Jeannot, l’arrivée du train représentait non seulement une infrastructure logistique essentielle pour l’horlogerie, mais aussi un moteur indispensable de développement social pour freiner l’exode rural, faciliter l’accès des jeunes aux écoles professionnelles du Locle et rapprocher les soins médicaux des habitants du Jura.

Structure bicéphale et axe de production (Jura–Genève–Barcelone)

 Initialement, l’activité manufacturière fut dirigée depuis Les Brenets, aux côtés de son père. Par la suite, la production fut transférée au 26, rue Mont-Blanc à Genève, où elle fut placée sous la direction de son frère, Louis-Victor Jeannot (né le 27 juin 1830), horloger renommé. Indépendant et engagé, ce dernier s’illustra en politique en signant, en 1856, une lettre de soutien de 914 militaires au Conseil fédéral. En 1888, il obtint le brevet américain US378592 pour un chronographe, marquant les heures, les minutes et les secondes, ainsi que les cinquièmes de seconde, avec additionneur.

Le siège barcelonais devenait le centre névralgique : réception de la production et noyau financier soutenant les activités en Suisse. Ainsi se créa une structure bicéphale : le contrôle commercial et l’injection de capitaux depuis l’Espagne finançaient directement les ateliers, les marques de contrôle et les essais de haut de gamme à Genève et à La Chaux-de-Fonds.

Montre poche savonnette pour dame Paul Jeannot, Genève, n° 8229, vers 1875. 15 lignes est dotée d'un système de remontoir au pendant et d'un mécanisme de mise à l'heure par poussette sur la carrure à 4 heures. Cette pièce d'une insigne rareté et d'un raffinement extrême pour une montre féminine de cette époque intègre des complications de calendrier et de phases de lune, logées dans un somptueux boîtier en or jaune 18K et émail polychrome. Le couvercle supérieur est orné d'une magnifique scène peinte en émail polychrome sur fond d'émail noir représentant cinq cupidons (ou chérubins) ailés jouant parmi des nuages, surmontant une applique florale en or centrée d'une étoile sertie de diamants de taille rose. Le fond du boîtier s'orne d'un superbe décor de rinceaux feuillagés gravés en or et d'un mascaron Renaissance sur fond d'émail noir, complété en partie inférieure par des fleurs émaillées polychromes sur fond d'or. La cuvette en or est signée, numérotée et gravée des caractéristiques du mouvement : « Paul Jeannot / GENÈVE / 18 RUBIS / Échappement Ancre / Ligne droite spiral Breguet / Nickel ». Côté face, le superbe cadran en argent massif présente un centre richement orné de rinceaux et de feuillages en or de deux couleurs appliqué et estampé en microrelief, se détachant sur un fond argente délicatement graver au burin même dans les intervalles entre les horaires. Sous les XII heures, la signature de la manufacture peinte en noir surmonte un guichet en demi-cercle révélant le disque des phases de lune en émail bleu cobalt parsemé d'une lune et d'étoiles dorées. À 6 heures, un cadran auxiliaire indique la date au moyen d'un calendrier à aiguille (échelle de 1 à 31). Le tour d'heures présente des chiffres romains noirs peints, l'ensemble étant balayé par de délicates aiguilles poire Stuart en acier bleui. Le mouvement de type demi-platine compte 18 rubis et témoigne d'un grand raffinement de construction : il présente un décor de fausses côtes de Genève, des vis polies miroir et des chatons en or vissés. Ce calibre d'élite est doté d'un échappement à ancre en ligne droite contrebalancée (ancre « à moustache »), d'un balancier compensateur bimétallique coupé à vis, d'un spiral Breguet en acier bleui, et d'un contre-pivot en rubis monté sous chaton pour la roue d'échappement. Les ponts portent la mention gravée « BREVETÉ / 27 Jan. 1880 », correspondant au brevet déposé par la manufacture pour son mécanisme. Boîtier, cuvette, cadran et mouvement signés. Photo courtoisie et © https://uhren-muser.de
1880. Premiers dépôts officiels de marques par Paul Jeannot.

Consolidation et spécialisation (1875–1889)

Paul Jeannot donna une nouvelle impulsion à cette dernière, qui fut enregistrée en 1876 sous l’appellation « Paul Jeannot, spécialité : fabricant d’horlogerie pour l’Espagne et les Colonies ». L’entreprise se spécialisa dans les chronomètres, répétitions et calendriers développés en interne.

Vers le milieu de 1879, il fonda, avec François Henri Rochat (originaire d’Yverdon), une société en commandite sous la raison sociale Paul Jeannot, adoptant un balancier compensateur comme logo. La maison installa ses comptoirs place du Real n° 2 à Barcelone, tout en ouvrant des succursales à Londres et Genève. Cette expansion fut menée par son fils, Paul-Victor Jeannot (né le 11 juillet 1860 aux Brenets).

Montre de poche savonnette Victor Jeannot (La Chaux-de-Fonds / Genève), n° 24462, vers 1877. Portant une inscription commémorative gravée sur sa cuvette et son fond, cet exemplaire historique constitue un Prix d'Honneur offert par un groupe de quatre résidents suisses à Barcelone à l'occasion de la Fête fédérale de tir de Saint-Gall en juillet 1874. Cette pièce atteste de la présence et du rôle de la famille Jeannot, établie commercialement en Catalogne, servant de pont entre la fabrication helvétique et le marché de la péninsule Ibérique. La boîte savonnette en or jaune présente un fond finement gravé au burin et guilloché, centré d'une croix suisse rayonnante surmontée de carabines croisées et de branches de chêne, abritant la dédicace officielle en allemand relative à l'événement et à la colonie helvétique de Barcelone. Côté face, le cadran d'époque victorienne de « genre Espagne », réalisé sur un fond d'argent, présente un centre occupé par un motif floral en or appliqué et estampé en microrrelieve, se détachant sur un fond d'argent finement gravé au burin, tandis que la périphérie est rehaussée de la guirlande traditionnelle assortie. Le tour d'heures à chiffres romains noirs peints est flanqué d'espaces inter-horaires entièrement gravés au burin de volutes et de ramages en rinceaux entrelacés, la minuterie extérieure étant signalée por des points estampés en creux directement dans la masse de l'argent. À $6\text{ heures}$, le cadran de la petite seconde en retrait est orné d'un décor guilloché concentrique, l'ensemble étant balayé par d'élégantes aiguilles de style « poire Stuart » en acier noirci. Le mouvement de calibre $19\text{ lignes}$, de construction classique jurassienne à ponts séparés, présente une finition satinée soignée avec biseaux anglés. Il est équipé d'un échappement à ancre en ligne droite, d'un balancier compensateur bimétallique à vis de réglage, d'un spiral Breguet en acier bleui et d'une raquette de réglage à index allongé pointant vers le secteur gradué gravé « Avance / Retard ». Boîtier, cuvette, cadran et mouvement signés.

Alliance avec Paul Perret, conflits sociaux et déclin (1890–1903)

En 1890, Paul Jeannot scelle une alliance stratégique en acquérant la copropriété, 50 pour cent,des inventions, modèles et marques de fabrique de Paul Perret. Inventeur brillant mais controversé, Perret s’était illustré dès la fin des années 1870 par ses travaux sur la précision chronométrique. Cette association marque une avancée technologique majeure pour la manufacture, Perret apportant trois innovations clés destinées à résoudre l’imprécision du réglage manuel :

  • Le régulateur micrométrique à colimaçon (Brevet suisse n° 21, 1890) : une vis excentrique avec came en spirale permettant un réglage précis, continu et ultra-doux de la raquette.

 

  • Le balancier de compensation segmenté (Brevet suisse n° 22, 1888) : un volant bimétallique améliorant significativement la résistance aux variations de température.

 

  • Le talantascope : un dispositif optique permettant d’observer et d’ajuster les composants minuscules du mouvement avec une précision inégalée.

Conscient que cette rigueur scientifique est un levier indispensable pour conquérir les marchés internationaux, Jeannot intègre ces technologies à sa production. Dès 1892, il appose sur ses montres le label « Réglage Mécanique de Précision », garantissant une excellence technique pour ses créations destinées à l’Espagne et à l’Amérique.

Pour concrétiser cet essor industriel, il inaugure une succursale au 65, rue du Parc à La Chaux-de-Fonds, dédiée à ces nouveaux procédés, dont la direction technique est confiée à son fils, Paul Jeannot-Bersot. Cette collaboration s’incarne également dans l’identité visuelle de la marque avec l’enregistrement, la même année, d’un logo circulaire associant les noms Jeannot et Perret, centré sur un balancier compensateur.

Cette union dépasse d’ailleurs le cadre strictement professionnel : tout comme leurs pères, Paul Jeannot fils et Paul Perret entretiennent une amitié profonde, renforcée par leur participation assidue aux concours de tir suisses et allemands, une complicité personnelle qui illustre la nature étroite de l’alliance entre les deux familles.

Encarts publicitaires Paul Jeannot, 1886 et 1889.
Cadrans typiques de « genre Espagne » de Paul Jeannot (19 lignes) et Victor Jeannot (15 lignes). Réalisés sur fond argenté, la guirlande périphérique et le centre sont ornés de motifs floraux dorés, aux nuances et textures de dorure variées, estampés en microrelief. Un dense pointillé au burin fait main crée un arrière-plan mat et granulé qui fait ressortir la composition centrale, le tout complété par des volutes et rinceaux vigoureusement gravés à la main dans les espaces inter-horaires. Le cadran de Victor présente un fin réseau de stries radiales estampées sur sa bordure périphérique, suivies de perles concaves régulières marquant les minutes, tandis que celui de Paul arbore une minuterie peinte. Collection de l'auteur.
Encarts publicitaires de 1893 présentent le « Réglage de Précision fait Mécaniquement » et les nouveaux calibres de la manufacture Paul Jeannot en association avec Perret. Le logo " PAUL JEANNOT - PAUL PERRET - PATENT " atteste de l'alliance technique et commerciale.

Au-delà de ses créations sous la marque de son nom, Paul Jeannot commercialisait également des montres de poche « Silverly » et « Favory ».

L’authenticité de cette production ne fait aucun doute : les cuvettes, les styles de cadrans et les mouvements eux-mêmes portent son nom et son logo. Toutefois, une part d’ombre subsiste quant à cette stratégie commercial.

Cependant, cette expansion s’accompagna de turbulence sociale dans son usine de Chaux-de-Fonds supervisés par son fil. Dès le 26 février 1891, le journal ouvrier La Sentinelle publia une dénonciation publique des ouvriers de l’usine de La Chaux-du-Fonds, accusant la direction de non-paiement et de mauvaises pratiques salariales. Le projet jurassien échoua, et la raison sociale chatellussien radiée, l’activité étant transférée à Besançon (France).

Le coup de grâce survint en avril 1895, lorsqu’un scandale financier éclata : Paul Jeannot (fils) et son directeur, Berthold Pellaton, furent arrêtés en Suisse et menacés de prison. Bien que la justice les ait finalement innocentés en mai 1898, l’image de la marque en fut durablement affectée.

En 1896, Paul Jeannot acquit la moitié restante des brevets Perret, acquérant ainsi la pleine propriété.

A gauche, exceptionnelle montre de poche Paul Jeannot n° 23096, illustrant le sommet du luxe horloger genevois. La savonnette en or 18k est somptueusement décorée de mailles noires et d’un sertissage complexe de diamants, d’une spectaculaire taille briolette centrale en forme d’amande entourée de diamants taille rose, formant un motif floral. Ils cadran genre Espagne. Le mouvement de haute précision se distingue par une rangée de remontoir maintenu par trois vis, des rubis percés sur les roues centrales et des contre-pivots en pierre sur les axes de l’ancre et du balancier, le tout superbement ajusté avec des chatons dorés.

Montre de poche Favory n° 111635 à 21 rubis de Paul Jeannot, en or 18 carats. Son étui d'origine, une élégante boîte en ébène incrustée de filets et recouverte de satin violet. La doublure en satin porte le numéro de série 111635 en lettres dorées ; ce même numéro apparaît également sur différentes parties de la montre. L'étui comporte un compartiment pour protéger le verre de rechange ainsi que le cadran émaillé blanc de substitution. Le boîtier de la montre est entièrement en or massif, ce qui en fait une véritable pièce de joaillerie. La cuvette avant présente un superbe écusson central en relief, orné d'une fine gravure représentant des enfants en vacances parmi des pierres, entourés d'une guirlande. Ce motif, gravé à la main avec une précision impressionnante, est rehaussé de touches d'émail, tout comme celui de la cuvette arrière (un casque d'armure). À l'intérieur de la cuvette avant, on peut voir le nom gravé Paul Jeannot Genève, accompagné de son logo et du poinçon 18K. Largeur : 57 mm. Poids : 158 g.
Montre poche "Silverly" nº 19681 par Paul Jeannot.

Victor Jeannot : un héritage horloger et une philanthropie pionnière

Victor Jeannot, frère du fondateur et directeur technique des ateliers genevois, décède le 31 mai 1891, à l’âge de 61 ans, à son domicile genevois. Il lègue une fortune d’environ 200.000 francs à la commune des Brenets (Neuchâtel), son lieu de naissance, inscrivant ainsi durablement la dynastie Jeannot dans l’histoire horlogère du Jura suisse.

Montre poche Victor Joannot nº 19887

Épilogue (1896–1903)

En 1896, l’horlogerie Paul Jeannot de Barcelone déménagea au 5, Rambla de Capuchinos, lors de la réorganisation finale de ses ateliers.

En 1899, Paul Jeannot cédait sa manufacture de Besançon au bijoutier-horloger barcelonais José Rafel.

À la suite du décès de Paul Jeannot en 1903, s’éteignit définitivement l’enseigne qui avait marqué l’une des pages les plus prolifiques de l’histoire de l’horlogerie de genre espagnol.

Après cela, le reste des marques fut liquidé et racheté au tournant du siècle par la maison Droz & Co.

Circular black-and-white seal featuring the name Ramón Campos, researcher of 19th-century Swiss watchmaking and early fountain pens.